Pesticides : certains fongicides utilisés en agriculture sont dangereux pour la santé humaine, selon une étude

Une étude publiée par l'Inserm, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, vient de prouver que huit des onze fongicides contenant des molécules appelées SDHI autorisés en France sont toxiques pour les cellules humaines. L'étude publiée ce jeudi dans la revue scientifique américaine "Plos One" démontre aussi la nocivité de ces molécules SDHI sur les abeilles et les vers de terre, indispensables pour la pollinisation et la fertilisation des sols.

Pelouse des stades, blé, orge, fraise, vigne...
Les fongicides contenant des molécules SDHI, dont les initiales signifient Inhibiteurs de la Succinate Deshydrogénase, sont utilisés depuis plus de trente ans pour lutter contre la prolifération des champignons et autres moisissures.

Ils sont pulvérisés sur les gazons des terrains de sport et sur "70% des surfaces de blé tendre et d’orge," explique le généticien Pierre Rustin, chercheur à l'Inserm et directeur de recherche au CNRS au micro de franceinfo. "On les utilise aussi pour les cultures de raisins, de fraises, de pommes de terre. Autrement dit, les SDHI sont omniprésents", conclut le généticien.

Les molécules bloquent la respiration de cellules humaines
Début 2018,  l'équipe de Pierre Rustin a testé en laboratoire l’effet de huit molécules fongicides SDHI utilisées en France. Il en ressort que ces substances ne se contentent pas de bloquer la respiration des champignons. "Elles sont aussi capables de bloquer celle du _ver de terre, de l’abeille et de cellules humaines_, dans des proportions variables", ajoute Pierre Rustin.

Danger pour les agriculteurs 
Les chercheurs ont montré que les conditions des tests réglementaires actuels de toxicité, qui leur permettent d’être sur le marché, masquent un effet très important de ces fongicides SDHI sur des cellules humaines. "Il y a danger pour les agriculteurs qui utilisent ces produits sans connaître leur niveau de toxicité, mais aussi pour les personnes exposées aux alentours", estime Pierre Rustin. Selon lui, ces substances augmentent le risque de maladies neurologiques "telles que Parkinson ou Alzheimer", en particulier pour les agriculteurs."Il est urgent d’interdire ce produit dont les ventes ont explosé", conclut-il.

Qu'en pense l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (Anses) ?
S’appuyant sur le travail d’un groupe d’experts indépendants, l’Anses écarte pour l’heure l’hypothèse d’une alerte sanitaire pour la santé humaine et l’environnement. 

Elle ne relève "aucun élément justifiant le retrait des autorisations de mise sur le marché. Aucune de ces substances n’est classée cancérigène avérée ou présumée. Elles sont rapidement éliminées chez l’Homme" indique le journal Ouest-France. 

L’Anses précise qu'elle poursuit ses recherches et rappelle qu'elle a retiré du marché français tous les produits à base d'époxiconazole. Ce fongicide est l'un des plus utilisés par les agriculteurs céréaliers français. Il présente un danger préoccupant pour l'homme.

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Source France Bleu : https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/pesticides-les-fongicides-sdhi-tres-present-dans-les-cultures-menaceraient-la-sante-humaine-1573191193

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